Une pâte à modeler maison

J’ai eu le plaisir d’animer 2 ateliers d’art exploratoire pour les tout-petits aujourd’hui, et suite au succès de la pâte à modeler, j’en donne la recette ci-dessous.

Cette pâte est facile et rapide à faire et se conserve plusieurs semaines au réfrigérateur dans un bocal hermétique (type bocal à confiture). Sa texture est très agréable, et elle coute moins cher que les pâtes à modeler du commerce. Elle est comestible (donc aucun danger en cas d’ingestion), mais très salée, ce qui décourage rapidement les petits gourmands…

Ingrédients :

  • 2 tasses de farine (type petit mug à thé)
  • 1 tasse de sel
  • 2 cueillères à soupe de crème de tartre (c’est une poudre qui sert en cuisine, pour faire des meringues par exemple. Je l’achète en magasin de loisirs créatifs. On la trouve aussi sur internet)
  • 2 cueillères à soupe d’huile végétale
  • colorant alimentaires
  • 2 tasses d’eau bouillante
  • Mélangez tous les ingrédients secs dans un saladier
  • Creusez un puits et versez l’huile et le colorant alimentaire (sans les mélanger aux ingrédients secs)
  • Versez l’eau bouillante et mélangez le tout à la cueillère
  • Quand la pâte a un peu refroidi (au bout de quelques minutes), séparez-la en pâtons et malaxez-la. C’est très agréable à faire, les enfants adorent !
  • Conservez-la dans un bocal hermétique au réfrigérateur

On peut la proposer toute simple aux enfants, ou bien leur offrir 1 ou 2 « enrichissements » (mais pas plus, sinon la stimulation serait trop forte et contre-productive) :

  • pailles en papier (coupées ou non)
  • cure-pipes
  • brindilles
  • pétales de fleur, feuilles
  • cupules de glands
  • perles
  • pâtes alimentaires crues

N’hésitez pas à proposer cette pâte à modeler des dizaines de fois, en variant les « enrichissements ». Les enfants aiment reproduire ce genre d’expérience.

Une poutre du temps

C’est quoi ?

C’est une une longue frise représentant le temps de manière linéaire. On visualise d’un seul coup d’oeil les 365 jours de l’année. On l’utilise en pédagogie Montessori.

Ça sert à quoi ?

Ça sert à se repérer dans le temps, de manière linéaire (il existe également des représentations spiralaires du temps, j’y reviendrai). Se représenter dans le temps est un apprentissage long et difficile, on a tendance à l’oublier, nous les adultes « experts ».

On s’en sert comment ?

Traditionnellement, on colle une étiquette avec le nom du jour sur la bonne date. Par exemple, on colle une étiquette « jeudi » sur la case « 12 septembre » si on est le jeudi 12 septembre.

Avec mes enfants et mes élèves, une sorte de lassitude s’était installée. Et quand on avait oublié de coller les étiquettes pendant 15 jours, c’était fastidieux de rattraper le retard. Cette année, nous cocherons les jours au fur et à mesure, tout simplement.

On colle des gommettes / on dessine / on attache des étiquettes avec des pinces à linge sur les jours spéciaux : anniversaires, fêtes, rentrées, spectacles… On représente les vacances en les coloriant (cette année mes filles ont voulu utiliser leur collection de masking-tapes).

Cela permet de montrer concrètement à l’enfant que son anniversaire est dans 10 jours, Noël dans 3 mois, la fête de l’école dans 2 semaines, etc…

Cela permet également de pointer « hier, demain, avant-hier, après-demain… ».

C’est pour qui ?

Pour tous, à partir de 3 ans. Même en tant qu’adulte, j’aime voir l’année qui s’annonce d’un seul coup d’oeil. Ça donne envie de profiter pleinement de cette ribambelle de journées.

On l’installe comment ?

On l’imprime. On réfléchit à l’endroit où on veut/peut l’installer. Traditionnellement, elle ne doit pas être interrompue, pour respecter la représentation linéaire du temps. Dans une classe ou un centre de loisirs, c’est parfois possible. Dans une maison, rarement.

Dans notre famille, comme nous discutons souvent de nos projets au cours des repas, je voulais l’installer dans la cuisine. Je l’ai donc découpée en 6 morceaux. Vous pouvez l’installer dans un couloir, l’interrompre à cause d’une porte, lui faire faire un virage dans un angle de mur… Elle mesure environ 5 mètres.

On l’assemble, on colorie les différentes mois, les week-ends et les vacances. Les enfants peuvent participer bien sûr. À partir de 5/6 ans, ils peuvent même consulter un calendrier pour repérer les dates des vacances, avec notre aide.

On l’affiche et on commence à noter les dates d’anniversaire, les fêtes, etc…

Suivant la participation ou non des enfants, cette installation prend entre 1 et 2 heures.

D’autres infos ?

On trouve des poutres du temps dans le commerce, ou à imprimer sur des sites et des blogs.

J’aime la simplicité de celle-ci, qui permet de l’adapter à ses besoins, à sa déco (en variant les couleurs et les détails). Et qui consomme très peu d’encre. Je l’avais trouvée gratuitement sur internet il y a lontemps, mais je n’en retrouve pas l’origine… La voici :

Invitations collage

Voici quelques exemples d’invitations à coller. Ces propositions fonctionnent bien à tout âge (Seul pré-requis : l’enfant doit avoir compris qu’il faut mettre de la colle au dos de la pièce à coller, puis la retourner sur le support). Le collage est addictif et valorisant, pas besoin de maitriser une technique pour se faire plaisir. Les adultes aussi peuvent se régaler (voir les photos en fin d’article).

Je vous invite à lire l’article d’introduction aux invitations artistiques si vous ne l’avez pas encore fait. Notamment pour savoir quelle attitude adopter en tant qu’adulte, vis-à-vis des enfants qui expérimentent.

Pour ces invitations, j’ai essayé de me limiter à du matériel de base et de récupération. En ce moment, on fait avec ce qu’on a. N’hésitez pas à remplacer un matériau par un autre. Par exemple, vous pouvez :

  • remplacer les magazines par quelques vieux livres dont vous voulez vous débarrasser.
  • remplacer la feuille plate par un rouleau de sopalin vide
  • remplacer la feuille petite format par un grand carton découpé en forme de triangle…

Allez, c’est parti :

Support (ici feuille cartonnée colorée), ciseaux, colle, magazines, quelques images découpées pour donner envie
Support (ici feuille cartonnée colorée), ciseaux, colle, magazines, quelques mots découpés pour donner envie
Support (ici feuille blanche cartonnée), papiers de couleur, papiers de soie, colle, quelques papiers déjà déchirés. Ici, on invite l’enfant à déchirer les papiers, et non à les découper avec des ciseaux.
Support (ici un coeur découpé dans une boite de céréales), chutes de tissus, colle, ciseaux de couturière (réservés aux plus grands. Avec les plus petit, on pré-découpe soi-même les chutes de tissus)
Support (ici boite de céréales), papier coloré, ciseaux, colle, quelques exemples (maintenus avec du masking-tape pour la photo). Ici, on invite l’enfant à créer des choses en 3 dimensions avant de les coller. C’est très riche, certains rechercheront l’esthétique, d’autres inventeront un parc d’attractions pour playmobils.
Tout un tas de trésors qu’on peut ajouter aux invitations de base présentées plus haut : confettis, plumes, pompons, rubans, gommettes, sequins, fleurs et pétales, paillettes, laine, masking-tape… Encore une fois, faites avec ce que vous avez. Si vous n’avez rien de tout ça, les invitations fonctionnent quand même.

Voici maintenant quelques exemples de réalisations. Attention, l’idée est simplement de vous montrer la variété de ce qu’on obtient. Ne tombez pas dans le piège de la comparaison. Ne sous-estimez pas le tas de gommettes de votre petit de 2 ans. Peut-être que son « oeuvre » ne vous réjouit pas sur le plan esthétique, mais dites-vous qu’en amoncelant ses gommettes, il a travaillé sa motricité fine, éprouvé le plaisir de la pile, joué avec les couleurs, aimé voir disparaitre la gommette du dessous… Réfrénez votre envie de lui dire : « Tu sais, tu pourrais mettre des gommettes partout sur la feuille au lieu d’en faire un gros tas (moche). Je te montre. ». Laissez-le faire ce qu’il veut, il sait ce dont il a besoin en ce moment (en l’occurrence, faire une pile, pas occuper tout l’espace de la feuille)

Un collage d’un enfant de 2 ans
Travail en cours. Imaginez ce qui se passe dans le cerveau à ce moment-là : je mets la colle au dos du petit papier (et pas sur le devant), j’appuie juste ce qu’il faut sur le tube de colle, je retourne le papier du bon côté, je choisis l’endroit où je le pose sur le carton…
Un collage d’un enfant de 6 ans : carton en forme d’arc-en-ciel, papiers couleurs arc-en-ciel, pompoms et gommettes. L’enfant a ajouté du feutre quand la colle était sèche (ne jamais proposer des feutres en même temps que de la colle si vous tenez à vos feutres ! Croyez-en mon expérience…)
Un collage d’un enfant de 11 ans. Carton découpé en forme de maison, chutes de tissus, paillettes, rubans, feutres (proposés en même temps car les enfants étaient suffisamment grands pour ne pas mélanger feutres et colle)
Un collage d’adulte : papiers de couleurs et bas de pages de magazines (pour les numéros des maisons)
Un collage d’adulte : papiers de couleurs, ré-hausses aux feutres poscas et stylos gel

Ça vous tente ? Lancez-vous, juste pour vos enfants, ou en famille. Vous passerez un bon moment, c’est promis.

Invitations artistiques

J’ouvre une série d’articles sur les invitations artistiques. Des heures de créativité et de concentration pour vos loulous… et de répit pour vous !

Le principe est archi simple : sur une table dégagée, vous disposez du matériel pour inviter votre enfant à créer ce qu’il veut. Pas de consigne. Pas d’attente de résultat. Pas de commentaires.

Le matériel peut être limité…

Papiers blanc et noir, crayons de couleur noir et blanc

… ou plus foisonnant :

Chute de polystyrène, « trucs » à planter (cure-pipes et allumettes), « trucs » à enfiler ou enrouler sur les trucs à planter (fils de coton, perles, masking-tape)

Ce n’est pas la quantité de matériel qui garantit la réussite de l’invitation. Parfois même, offrir trop de matériel peut être étouffant, l’enfant ne sachant pas où donner de la tête.

Le mieux est de préparer ces invitations derrière le dos de votre enfant : juste avant qu’il ne se lève (ou la veille au soir), pendant la sieste ou le temps calme, quand il joue dehors… L’effet de surprise est attirant. Même si cette surprise revient tous les jours à la même heure.

Je vous promets qu’installer une invitation ne prends pas plus de 5 minutes. Il suffit de fouiller dans son matériel de dessin / bricolage, dans la poubelle à recycler (papiers, cartons, supports divers) et de se laisser inspirer. Je vous donnerai des pistes cette semaine.

L’objectif est très différent d’un « cours » de dessin, de peinture ou de loisirs créatifs. On ne cherche pas à enseigner une technique. On souhaite laisser l’enfant exprimer sa créativité, trouver ses idées par lui-même. On le laisse faire ce qu’il veut. Même si le résultat nous semble peu concluant.

Une oeuvre terminée. Un autre enfant aurait peut-être fait quelque chose de totalement différent.

Cette approche convient aux enfants dès 1 ou 2 ans (en faisant attention à la sécurité : pas de petites pièces qu’ils pourraient avaler par exemple)

Carton, colle et pinceau, chutes de papier. Le « trip » pour cette petite fille, d’après le témoignage de sa maman, lors d’un atelier. En face, un garçon plus agé, plus minutieux. Chacun fait selon sa personnalité et ses goûts. D’où l’importance de ne pas intervenir.
Une oeuvre réalisée au cours de cet atelier. On ne l’affichera peut-être pas dans son salon (quoique). Aucune importance : ce qui compte, c’est ce que l’enfant a vécu comme expérience, les compétences qu’il a développées.

Encore quelques images pour vous donner envie. Je vais tacher de faire un petit catalogue de possibilités cette semaine, mais encore une fois, faites-vous confiance pour inventer vos propres invitations. Et n’hésitez pas à raconter vos expériences dans les commentaires.

Grosses craies, bol d’eau. Une bonne heure de patouille.
Boite d’oeufs et feutres. Fouillez la poubelle de recyclage !
Papiers peints par les enfants la veille, feuille noire, emporte-pièces
Je n’avais pas proposé de colle tout de suite, pour laisser les enfants positionner et re-positionner les morceaux.
Et voilà !

Écrire

Aujourd’hui, je vous propose une pratique créative toute simple, mais très riche : l’écriture d’un journal, ou d’un cahier d’histoires, de poèmes, de récits… Bref, l’écriture !

En pédagogie Freinet, on appelle ça « le texte libre ». Je ne vais pas faire un long exposé sur cette pédagogie, je sais que vous vous préoccupez d’autres choses en ce moment. Mais pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, rendez-vous sur le site de l’ICEM.

Voici donc une pratique inspirée du texte libre, mais adaptée à la situation actuelle. Ce n’est pas un travail scolaire. Il ne s’agit pas de « travailler » l’orthographe, ni la « production d’écrit ». Il s’agit de rendre les enfants « auteurs », qu’ils s’autorisent à écrire. D’un point de vue étymologique, être « auteur », c’est « s’autoriser à ».

Il s’agit aussi :

  • de leur offrir un espace pour s’exprimer (ils en ont particulièrement besoin en ce moment)
  • de les extraire des écrans et de développer le plaisir d’écrire à la main
  • de leur proposer une pratique simple, mais qui peut être reproduite tous les jours, sans matériel compliqué
  • de les occuper, donc de vous octroyer un moment de répit

Concrètement :

Offrez-leur un cahier pour écrire, un journal, un cahier d’écrivain. Un cahier tout à fait normal qu’on trouve dans les supermarchés. Plutôt avec des lignes simples ou des pages blanches que Seyes (pour ne pas rappeler l’école). Mais prenez ce que vous trouvez. Si vos enfants souhaitent illustrer leurs textes, ils pourront coller des papiers blancs en-dessous / en face des textes.

Dites-leur qu’ils peuvent y écrire ce qu’ils veulent :

  • un journal de ces semaines si spéciales
  • des histoires inventées
  • des poèmes
  • des BD
  • un mini-documentaire sur leur animal/sport/pays préféré, ou tout autre sujet…

Quelques écueils à éviter :

  • Pas de pression sur le fait d’écrire tous les jours / beaucoup / autre chose que des BD… C’est leur cahier d’écrivain, leur journal, ils en font ce qu’ils veulent. Y compris rien.
  • Pas de pression sur l’orthographe ou la cohérence des phrases. Si votre enfant en fait la demande, aidez-le à corriger ses erreurs. Sinon, ne faites rien. S’il sent que c’est la bonne excuse pour lui faire travailler l’orthographe, il stoppera net.
  • Ne le forcez pas à vous montrer ses textes. C’est particulièrement vrai pour les adolescents qui tiennent un journal intime…
Des mots écrits phonétiquement, des mots recopiés, des mots demandés à maman, plein d’erreurs… Mais surtout une histoire écrite avec plaisir !

Pour encourager à écrire, vous pouvez :

  • instaurer un rituel familial : tout le monde écrit son journal / ses histoires le matin juste après le petit-déjeuner / le soir avant d’aller se coucher … Rien de plus efficace que de montrer l’exemple. Je vous parlerai bientôt de ma pratique d’écriture en tant qu’adulte.
  • proposer des idées en cas de syndrome de la page blanche : images, début d’histoire, jeux poétiques… Je vous offrirai quelques pistes dans un prochain article.
  • vous intéresser à ce qu’il écrit. Encore une fois, si et seulement si votre enfant souhaite vous lire son texte, montrez votre plaisir à l’écouter, votre fierté.

Pour les plus petits (dès 3/4 ans), l’enfant fait un dessin et vous écrivez le texte sous sa dictée.

Pour son histoire, J. s’est inspirée d’une BD de son magazine Youpi. Elle m’a demandé de tracer les cases pour dessiner, et les lignes au stylo, « pour ne pas qu’elles s’effacent quand je gomme. »
Peut-être qu’elle finira les dessins, peut-être pas, ça n’a pas d’importance…